Benoît Biteau, agriculteur bio: “Des gens ont intérêt à ce que le modèle n’émerge pas”

Benoît Biteau, agriculteur bio: “Des gens ont intérêt à ce que le modèle n’émerge pas”

Source BFMTV.COM

Benoît Biteau est un paysan militant. Cet agriculteur agronome et auteur de Paysan résistant a transformé une ferme ruinée en exploitation rentable et plus respectueuse de l’environnement.

Alors que certains s’interrogent sur la capacité de l’agriculture biologique à nourrir tout le monde, Benoît Biteau balaie ces doutes: “Est-ce qu’on peut nourrir l’humanité avec un modèle agricole qui s’affranchit des pesticides, des engrais de synthèse et des semences? La réponse est oui, et on le sait depuis une dizaine d’années grâce à des études scientifiques et un rapport qui a été publié par plusieurs dizaines de scientifiques après 7 ans d’expérimentations. Sur la base de cette étude, non seulement on peut nourrir toutes les personnes sur la planète mais on pourrait espérer nourrir 12 milliards de personnes. Cette étude-là est fondatrice et a été confirmée par d’autres études”.

“Quand on coopère avec la nature, on a des productivités maintenues”

Mais selon lui, l’agriculture biologique signifie bien plus que de ne pas utiliser de pesticides:

“L’erreur chez ceux qui font de l’agriculture biologique, c’est de penser que l’agriculture bio c’est simplement enlever les pesticides, les engrais de synthèse et les OGM. Ce n’est pas comme ça qu’on fait de l’agriculture biologique. Ceux qui sont dans cette logique par opportunisme sont ceux qui alimentent les statistiques de l’échec en agriculture biologique et qui alimentent ce débat qui consiste à dire que l’on produit beaucoup moins en agriculture biologique. Quand on développe des logiques agronomiques, quand on plante des arbres, qu’on arrête de labourer, qu’on fait des mélanges d’espèces, qu’on prend soin du sol et qu’on coopère avec la nature, on est sur des productivités maintenues voire en progression. C’est ce que je constate depuis 10 ans sur ma ferme”.

Selon lui, si ce changement ne s’effectue pas, c’est que “des gens ont intérêt à ce que ce modèle n’émerge pas. Il y a le business en amont qui fournit les pesticides, les semences et les engrais de synthèse et le business en aval. Et l’agriculteur est entre le marteau et l’enclume, c’est lui qui tire la langue”.

 

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